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Coin du sourire

LE JDD

  • Rouge vif par Anne Roumanoff

    Chroniques17 Avril 2010

    Les dix commandements d'une rumeur

    Autopsie d'une rumeur.

    1. Tes sources exactes, jamais tu ne citeras.
    "On m’a dit que…", "il paraîtrait que…" ou "il y a quelqu’un qui m’a dit que… mais je ne peux pas te dire qui…" suffisent amplement. La rumeur n’a pas besoin ni d’être exacte ni d’être vérifiée, il ne faut pas confondre une vraie rumeur et une rumeur vraie.

    2. Le secret qu’on t’a fait jurer de taire, tu répèteras.
    Tout le monde le sait, un secret est une chose que l’on ne confie qu’à une seule personne en lui faisant promettre de ne pas la répéter.

    3. Des rumeurs improbables, tu inventeras.
    Plus la rumeur est surprenante, plus vous prendrez de l’importance aux yeux de votre interlocuteur. Voici quelques exemples de rumeurs improbables (je précise que ce sont des rumeurs fictives et que je décline toute responsabilité au cas où elles seraient reprises par un autre média): Nicolas Sarkozy est une femme, Martine Aubry est un homme, Anne Roumanoff a une liaison avec Brad Pitt…

    4. A voix basse, tu parleras.
    Quand vous colportez une rumeur, prenez un air pénétré et baissez la voix, cela accentuera le côté confidentiel de vos révélations. N’hésitez pas, au besoin, à amplifier et déformer la rumeur en y ajoutant des détails de votre crû.

    5. Toute responsabilité, tu déclineras.
    Protégez-vous de tout problème ultérieur en insistant sur ces deux points essentiels: "Tu ne diras pas que c’est moi qui te l’ai dit"; "Enfin, c’est ce qu’on m’a dit, mais je ne sais pas du tout si c’est vrai."

    6. Etonné de rien, tu seras.
    Le vrai Parisien ne s’étonne de rien et est au courant de tout. Si on lui révèle un secret qu’il ignore, il haussera les épaules d’un air las: "On m’a déjà raconté ça dix fois aujourd’hui mais j’ai du mal à le croire" et il s’empressera d’aller le répéter. La rumeur sert avant tout de faire-valoir à celui qui la raconte. Moins les gens se sentent importants, plus ils espèrent prendre de l’importance en répandant des rumeurs ayant peu d’importance sur des gens très importants.

    7. Une petite pensée, pour les victimes des rumeurs tu auras.
    En 2010, il n’y a que deux solutions quand on est l’objet de rumeurs: prendre ça de haut avec une philosophie teintée de fatalisme, c’est ce qu’a tenté de faire le président cette semaine en évoquant "ce petit clapotis" qui "n’a aucune importance"; ou bien combattre la rumeur, c’est "la technique Pierre Charron": sous prétexte d’éteindre l’incendie, on rajoute de l’huile sur un feu et on est brûlé par les flammes. L’époque du "Never complain, never explain" est définitivement révolue. En 2010, on est à l’époque du "Always complain, always explain". Les hommes politiques passent tellement de temps à expliquer ce qu’ils vont faire qu’ils n’ont plus le temps d’agir. De même, on demande si souvent aux acteurs de raconter le film dans lequel ils ont joué qu’on a l’impression de l’avoir déjà vu avant qu’ils ne soit sorti.

    8. La rumeur, du potin tu distingueras.
    Le potin est croustillant et léger, la rumeur est angoissante. Un potin peut se transformer en rumeur mais une rumeur ne redeviendra jamais un potin. Une rumeur vérifiée devient une information et cesse alors de passionner les gens. La vraie rumeur est souvent invérifiable, c’est ce qui fait tout son charme.

    9. Régulièrement, de rumeur tu changeras.
    La rumeur passe aussi vite qu’elle lasse, les vrais amateurs de rumeurs le savent bien: les rumeurs germent, éclosent,
    se propagent puis se fânent sur leur tige. Les rumeurs naissantes sont le sujet de conversation préféré des Parisiens chics qui s’ennuient dans les dîners mondains.

    10. Des réponses à ces questions fondamentales, tu chercheras.
    Qui va diriger France Télévisions ? Pourquoi Benjamin Biolay fait-il toujours la gueule? Qui va gagner Nouvelle Star, Luce ou Benjamin? Où est passée Roselyne Bachelot? Michael Jackson est-il vraiment mort? Les rumeurs sont le nouvel opium du peuple. Elles enivrent, anesthésient et permettent d’oublier tout ce à quoi on n’a pas envie de penser: les fins de mois difficiles, les retraites, le chômage…

    Les rumeurs du monde sont beaucoup moins drôles que les drôles de rumeurs que l’on répète sans réfléchir. Médire sur les autres évite aussi de s’interroger sur son propre vide intérieur (c’est une grande amatrice de rumeurs qui vous le dit). Cette époque manque cruellement de vraie attention aux autres… et ça, hélas, ça n’est pas une rumeur

  •  

    Alain Rémond

    L’époque, on le sait, est à la traçabilité. Désormais, le consommateur a droit à une information complète, citoyenne et responsable. Quand il achète un produit, il est censé savoir d’où il vient, où il a été fabriqué et conditionné, par qui et dans quelles circonstances. Moyennant quoi un lecteur de Champigneulles, en Meurthe-etMoselle, m’envoie l’étiquette d’une côte de bœuf qu’il vient d’acheter dans un supermarché du coin : « Origine : France. Lieu d’abattage : France. Lieu de découpe : France. Catégorie : 88. 155. 01. Type racial : 24.551.001 ». Mon correspondant, qui se souvient d’une époque où l’on pouvait savoir, grâce à l’étiquette, s’il s’agissait d’un jeune bovin ou d’une vache laitière, se demande à quoi ressemble exactement une bête de « catégorie 88. 155. 01 » et de « type racial 24.551.001 ». Quant aux lieux d’abattage et de découpe, il est heureux d’apprendre que c’est en France, mais la France est un vaste pays. D’un autre côté, l’étiquette l’informe que sa côte de 88. 155. 01/24. 551.001 a été emballée à 6 h 37 précises. Si ce n’est pas de la traçabilité, qu’est-ce que c’est ?

    La Croix

    oOo

    Ma femme s'est assise sur le sofa près de moi pendant que je zappais avec la télécommande. Elle m'a demandé : Qu'est-ce qu'il y a sur la télé ? 
    J'ai répondu : De la poussière.
    C'est là que la dispute a commencé.
      

    Ma femme hésitait au sujet de ce qu'elle voulait pour notre prochain anniversaire Elle dit : Je veux quelque chose qui a du punch et qui passe de 0 à 130 en l'espace de 3 secondes. 
    Je lui ai acheté une balance.
    C'est là que la dispute a commencé ...
     
     

    La tondeuse à gazon est tombée en panne, ma femme n'arrêtait pas de me demander de la réparer. Mais, j'avais toujours autre chose à faire : ma voiture, la pêche, les copains...
    Un jour, pour me culpabiliser, je l'ai trouvée assise sur la pelouse occupée à couper l'herbe avec des petits ciseaux de couture. J'ai alors pris une brosse à dents et je lui ai dit : 
    Quand tu auras fini de couper la pelouse, tu pourras balayer l'entrée?
    C'est là que la dispute a commencé ...
      

    Ma femme se regardait dans un miroir. Elle n'était pas très contente de ce qu'elle voyait. Elle me dit « Je me sens horrible ; j'ai l'air vieille, grosse et laide. J'ai vraiment besoin que tu me fasses un compliment sur ma personne ! » 
    Je lui ai répondu : « Ta vision est excellente ! »
     
    C'est là que la dispute a commencé ...
     
      

    J'ai amené ma femme au restaurant.
     Je commande un steak saignant. Le serveur me dit : « Vous n'avez pas peur de la vache folle ? » 
    «Non, elle est capable de commander elle-même !»
    C'est là que la dispute a commencé...


    Ma femme et moi étions à une réunion d'anciens de son école. Il y avait un homme complètement saoul, buvant verre après verre.
     Je demande à ma femme « Tu le connais? » « Oui », dit-elle en soupirant « Nous sommes sortis ensemble. Il a commencé à boire quand nous nous sommes séparés. Il n'a jamais cessé depuis » 
    Je lui répondis « Qui aurait pu penser que l'on pouvait fêter ça si longtemps
     ?! »
    C'est là que la dispute a commencé ... 


    En arrivant à la maison hier soir, ma femme me demande de la sortir dans un endroit cher. 
    Je l'ai amenée à la station-service.
    C'est là que la dispute a commencé ...


    Au supermarché, j'ai demandé à ma femme si nous pouvions prendre une caisse de bière à $ 28.00. Elle me dit non, et, sans me demander mon avis, elle se prit un pot de crème revitalisante pour la peau à $ 15.00. 
    Je lui fis remarquer que la caisse de bière m'aiderait plus à la trouver belle que son pot de crème.
    C'est là que la dispute a commencé ...

    L'autre jour, j'ai demandé à ma femme où elle désirait aller pour notre anniversaire. Elle me répond : "Quelque part où ça fait longtemps que je ne suis pas allée » 
    Je lui ai offert d'aller dans la cuisine.
    C'est là que la dispute a commencé ...
     

    Eh oui pour un rien, elles se fâchent....
    Allez les comprendre....

     

     

    Anne Roumanoff

    Des sportifs qui sourient, des profs qui pleurent

    Ils sont beaux, ces athlètes français en anorak et surtout ils sont vraiment heureux de gagner.
    A force de regarder des matches de foot de l’équipe de France, on avait oublié comment c’était, un sportif qui sourit.

    Le regard émerveillé de ces hommes de la montagne, ça change des footballeurs blasés qui font la gueule même lorsqu’ils gagnent. Avec leurs joues rougies par le froid, les médaillés olympiques respirent la camaraderie, le vin chaud, la fondue savoyarde et la chaleur humaine.

    Le Président fait profil bas en attendant les régionales. Sans son acteur et metteur en scène principal, la vie politique devient presque ennuyeuse.
    Dominique de Villepin a visité un élevage de porcs en Bretagne avec un bonnet de douche sur la tête. "Il ne vous rappelle pas quelqu’un?" a-t-il lancé, facétieux, en désignant le porcelet qu’il portait dans ses bras.
    Dominique Strauss-Kahn caracole en tête des sondages avec 76% d’opinions favorables (autant que Chirac), vérifiant cet adage bien français: "Plus tu es loin, plus on t’aime bien."

    Toutankhamon est bien le fils d’Akhenaton mais sa mère n’est pas Néfertiti. "Peut-être que dans trois mille ans on saura enfin qui est le père du bébé de Rachida", soupire ma belle-sœur qui est une fan inconditionnelle, de l’ex-ministre de la Justice. L’idole de ma belle-sœur a prêté serment pour devenir avocate. L’entrée du tribunal a été interdite aux médias qui voulaient immortaliser l’événement. "Comment va-t-elle supporter de porter toujours la même robe?" s’interrogent les mauvaises langues.

    Marine Le Pen a provoqué un souk en révélant que certains Quick vendaient des hamburgers hallal où le bacon était remplacé par de la dinde fumée. Ciel, on touche à notre identité nationale! Mais au fait, est-ce que le hamburger est un produit bien français? Il faudrait demander à M. Besson. Le bruit a couru dans Paris qu’Eric Besson se convertirait à l’islam au mois de juin pour convoler avec sa jeune amoureuse tunisienne. Eric Besson, qui n’en est pas à une conversion près, aurait démenti la rumeur.
    On entend de plus en plus ces mots: "français de souche", pour désigner ceux qui n’ont pas d’ascendant étranger. Cette expression me met mal à l’aise. La souche, c’est un virus ou un arbre?
    Français de cœur, français de nationalité, français de souche, français d’origine étrangère, quand va-t-on cesser de nous opposer les uns aux autres?

    Il y a eu un tollé contre Marie-Luce Penchard, la secrétaire d’état à l’Outre-Mer dont on n’avait jamais entendu parler. Après les mésaventures d’Yves Jégo, ce secrétariat apparaît décidément comme un poste éjectable. François Fillon, à qui on pourrait décerner "le prix du bon camarade qui va toujours à la rescousse des ministres en difficulté", l’a défendue. Patrick Balkany a réclamé sa démission (on ne sait pas à quel titre: en tant que maire de Levallois ou copain du Président?).
    Brigitte Bardot s’est énervée: non, elle n’a pas eu une aventure avec Patrick Balkany. "Soit il est mythomane, soit il ne lui a pas laissé un souvenir impérissable, ricane mon beau-frère. Remarque, ça ne m’étonnerait pas, elle a toujours aimé les animaux, et lui, c’est vraiment un âne."

    Les profs de Vitry-sur-Seine ont repris le travail. On leur a octroyé généreusement quatre assistants d’éducation (le nouveau terme pour "surveillants") et six médiateurs de réussite scolaire (pour lutter contre l’absentéisme). Luc Chatel a proposé un Grenelle de la violence scolaire. Il y a eu sept ministres de l’Education en dix ans qui ont, tous, commandé des rapports qui ont été suivis par des réformes (en général annulées par leur successeur).
    "Si on arrive à enseigner vingt minutes sur une heure de cours, c’est déjà formidable", soupire un prof de Tremblay. Seuls en première ligne, les vaillants petits soldats de l’enseignement en zone sensible tentent de colmater les brèches. Entre le rectorat qui ne leur donne pas assez de moyens, les élèves qui ne les respectent plus et les parents d’élèves qui les méprisent, les profs ont souvent l’impression de slalomer entre les obstacles. Beaucoup d’entre eux mériteraient une médaille olympique du courage.

    HUMOUR : petites annonces paroissiales

    Sainte innocence, ingénuité ou créativité ?

    Ce sont de vrais avis placardés sur les portes de vraies églises de vraies paroisses. Ils sont écrits avec beaucoup de bonne volonté... et quelques problèmes de syntaxe...

    AVIS AUX PAROISSIENS A tous ceux qui ont des enfants et qui ne le savent pas encore, il y a dans la paroisse un espace réservé aux enfants.

    AVIS AUX PAROISSIENS Jeudi prochain, à cinq heures de l’après-midi, il y aura une réunion du groupe des mamans. Toutes les dames, qui souhaiteraient faire partie des mamans, sont priées de s’adresser au curé.

    AVIS AUX PAROISSIENS Les réunions du groupe de développement de la confiance en soi ont lieu les vendredis, à vingt heures. Prière de rentrer par la porte de derrière.

    AVIS AUX PAROISSIENS Vendredi à dix-neuf heures, les enfants de l’Oratoire feront une représentation de l’oeuvre “Hamlet” de Shakespeare, dans la salle paroissiale. Toute la communauté est invitée à prendre part à cette tragédie.

    AVIS AUX PAROISSIENS Chère Dames, n’oubliez pas la prochaine vente pour nos oeuvres de charité. C’est une bonne occasion pour vous débarrasser des choses inutiles que vous avez chez vous. Amenez vos maris !

    AVIS AUX PAROISSIENS Sujet de la catéchèse d’aujourd’hui : “Jésus marche sur les eaux” Sujet de la catéchèse de demain : “A la recherche de Jésus”

    AVIS AUX PAROISSIENS Le choeur des plus de soixante ans va cesser ses activités pendant l’été, avec les remerciements de toute la paroisse.

    AVIS AUX PAROISSIENS Souvenez-vous dans vos prières de tous les désespérés et les fatigués de notre paroisse.

    AVIS AUX PAROISSIENS Le mois de novembre se terminera par une messe chantée par tous les défunts de la paroisse.

    AVIS AUX PAROISSIENS Le tournoi de basket des paroisses va se poursuivre avec le jeu de mercredi prochain. Venez nous applaudir, nous allons tenter de battre le “Christ Roi” ! (nom de l’équipe)

    AVIS AUX PAROISSIENS S’il vous plaît, placez vos oboles dans l’enveloppe, avec les défunts dont vous souhaitez que l’on fasse mémoire.

    AVIS AUX PAROISSIENS Souvenez-vous que jeudi commencera la catéchèse pour filles et garçons des deux sexes.

    Extrait de Golias

     

    Humour de Bruno Frappat dans La Croix du 6 février

     

     Constellation Nous ne sommes pas près de nous installer sur la Lune. Barack Obama vient de reporter aux calendes grecques le programme « Constellation » qui prévoyait de renvoyer des hommes sur notre satellite. La Lune peut dormir tranquille. Dommage pour les rêves de voyage mais aussi pour ceux qui formaient secrètement le projet d’y expédier en exil interstellaire quelques cassepieds. Quelques empêcheurs de ronronner sur notre planète bleue. Ils ne manquent pas, autour de chacun.

    Martine Aubry ne pourra plus envisager d’y expédier Georges Frêche d’un coup de fusée. Nicolas Sarkozy devra abandonner l’idée de voir Dominique de Villepin casser les cailloux noirs de la surface lunaire. Jean-François Copé restera ici-bas, dans les pieds de son président rival, et Ségolène Royal continuera de hanter les âmes et les congrès socialistes au grand dam de ses « camarades ». Il faut nous y faire : la migration hors du champ d’attraction terrestre sera impossible avant longtemps. Mars est loin. Et ce n’est pas demain que les surnuméraires de la Terre pourront en cohortes joyeuses ou enchaînées décamper de notre sol. Nous devrons rester ensemble.

    À moins que la puissance montante, la Chine, ne prenne le relais de la conquête lunaire. Voilà sans doute l’aspect le plus symbolique de cette désertion américaine : la bascule des puissances. L’espace fut longtemps le champ de rivalités symboliques entre feu l’URSS et les États-Unis. Les « Russes », comme disait de Gaulle en anticipant, avaient commencé avec un petit chien du nom de « Laïka ». Puis suivirent des hommes : Gagarine fut le premier à constater de visu que, là-haut, il n’y avait pas trace de présence divine… Enfin, douze ans après les débuts de cette conquête de l’éther, nous assistâmes, en 1969, au débarquement d’Apollo et au « grand pas pour l’humanité » de Neil Armstrong, en noir et blanc.

    L’an dernier, encore, nous fûmes conviés à célébrer à grands flonflons l’anniversaire de cette montée lunaire. Il s’agissait de glorifier la capacité technique, le courage humain, l’avancée formidable, d’il y a quarante ans. Et puis, patatras ! Voici qu’on nous annonce la fin de l’épopée. Ulysse a fait un beau voyage et puis est revenu, plein d’usage et raison, compter ses sous et vivre entre ses parents le reste de son âge 

     

    Un appel pour Noël

    Alain Rémond

    Je viens de recevoir un mail étonnant et, pour tout dire, plutôt inattendu. Le voici, dans son intégralité : « Cher Monsieur. Alors que je m’apprête, une fois de plus, à atteler mes rennes à mon traîneau pour entamer ma tournée mondiale de livraison de cadeaux, je me permets, par votre intermédiaire, de lancer, urbi et orbi, un appel tout à fait intéressé. Alors que, depuis des siècles, tout le monde trouve normal de m’envoyer des listes de cadeaux à faire, ce dont, bien sûr, je ne me plains nullement, vu que c’est mon travail, personne n’a jamais pensé à me faire un cadeau, à moi. Je pose la question : pourquoi serais-je le seul, ici-bas, à ne jamais avoir de cadeau à Noël ? Si par hasard, un de vos lecteurs avait à cœur de réparer cette injustice, voici ce qui me ferait plaisir : un baladeur numérique avec l’enregistrement de toutes les chansons qui me sont consacrées, dans toutes les langues possibles et imaginables. Ça m’occuperait agréablement pendant mon long voyage. Et ça finirait peut-être par me convaincre de ma propre existence. Merci d’avance. Signé : le Père Noël. »

     

    Raymond Devos : Ma femme

    Ma femme est d'une timidité !... Et moi aussi d'ailleurs... je suis timide !...
    Ma femme et moi, quand on s'est connu, on était tellement timides tous les deux, qu'on n'osait pas se regarder !
    Maintenant, on ne peut plus se voir !

    ... Remarquez... je ne devrais pas dire du mal de ma femme... parce que, au fond, on s'aime beaucoup !
    J'ai toujours peur qu'elle manque de quelque chose.

    Quelquefois, je lui dis : 'Tu n'as besoin de rien ?'. Elle me dit : 'Non ! Non!'
    Je lui dis : 'Tu n'as pas besoin d'argent ?'. Elle me dit : 'Non ! Non, j'en ai !'
    Je lui dis : 'Ben alors... passe-m'en un peu... parce que moi j'en ai plus !'

    Nous n'avons pas les mêmes goûts ! Par exemple, moi je dors la fenêtre ouverte, elle dort la fenêtre fermée.
    Alors la nuit, je me lève pour ouvrir la fenêtre, elle se lève pour fermer la fenêtre !
    Je me relève pour ouvrir la fenêtre, elle se relève pour fermer la fenêtre !
    Alors, je me relève pour ouvrir la fenêtre ! Elle comprend que je suis le plus fort...
    Elle vient se blottir contre moi, elle ronronne, elle roucoule... Alors, je vais fermer la fenêtre pour que les voisins n'entendent pas !

    Quelquefois, elle me dit : 'Je ne suis pas assez belle pour toi !'
    Je lui dis : 'Mais si ! Si tu étais plus belle, je me serais déjà lassé... Tandis que là... je ne m'y suis pas encore habitué !

     

    Citations. Raymond Devos [

    • « Lorsqu’on a la prétention, comme moi, d’entraîner les gens dans l’imaginaire, il faut pouvoir les ramener dans le réel ensuite … et sans dommage ! »
    • « Le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter. »
    • « La raison du plus fou est toujours la meilleure. » (Extrait du spectacle Sens dessus dessous)
    • « Même avec Dieu, il ne faut pas tenter le Diable ! » (La chute ascensionnelle)
    • « Il m’est arrivé de prêter l’oreille à un sourd… Il n’entendait pas mieux ! »
    • Parler pour ne rien dire
      • « Si vous n’avez rien à dire, et bien on en parle! On en discute! »
      • « Rien, ce n’est pas rien ! La preuve, c’est que l’on peut le soustraire. Exemple : rien moins rien égale moins que rien ! »
      • « Une fois rien, c’est rien ; deux fois rien, ce n’est pas beaucoup ; mais pour trois fois rien, on peut déjà s’acheter quelque chose, et pour pas cher. »
      • « Moi, lorsque je n’ai rien à dire, je veux qu’on le sache. »
    •  « Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche. Quand l’un avance, l’autre veut le dépasser. Et moi, comme un imbécile, je marche ! »
    • « Mais pourquoi courent-ils si vite ?
    — Pour gagner du temps ! Comme le temps, c’est de l’argent… Plus ils courent vite, plus ils en gagnent ! » (Où courent-ils ?)
    • « Monsieur, ce que j’admire en vous, c’est que vous avez le courage d’être vous-même ; avec tout ce que cela comporte de ridicule ! » (Le sens du ridicule)
    • « Quand j’ai tort, j’ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes torts ! » (À tort ou à raison)
    • « On a toujours tort d’essayer d’avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu’ils n’ont pas tort ! » (À tort ou à raison)
    • « Est-ce que les histoires que vous racontez ne vous empêchent pas de dormir ?
    — Si, mais comme ce sont des histoires à dormir debout, je récupère ! » (Le vent de la révolte)
    • « J’ai un ami qui est xénophobe. Il déteste à tel point les étrangers que lorsqu’il va dans leur pays, il ne peut pas se supporter ! » (Xénophobie)
    • « Si ma femme doit être veuve un jour, j’aimerais mieux que ce soit de mon vivant. » (Extrait du spectacle Sens dessus dessous)
    • « Je crois à l’immortalité, et pourtant je crains bien de mourir avant de la connaître. »
    • « Quand on s’est connus, ma femme et moi, on était tellement timides tous les deux qu’on n’osait pas se regarder. Maintenant, on ne peut plus se voir. » (Ma femme)
    • « L’accordéon, c’est l’instrument politique par excellence. Quand vous poussez à droite, ça souffle à gauche et quand vous poussez à gauche, ça siffle à droite. Et à l’intérieur c’est du vent. »
    • Coluche. Citations sur des thèmes divers

     

    «Dans l’administration, on ne doit pas dormir au bureau le matin sinon on ne sait plus quoi faire l’après-midi.»
    [ Coluche ] - Extrait du sketch L’administration

    «Bien mal acquis ne profite qu'après.»
    [ Coluche ] - Extrait du sketch Le chômeur

    Que les sportifs arrêtent le doping... On aura l'air malin devant nos téléviseurs en attendant qu'ils battent les records.»
    [ Coluche ] - Extrait du sketch J’ai pas dit ça sur les sportifs - 1977

    «A la sécurité sociale, tout est assuré. Sauf la pendule. Ça, on ne risque pas de la voler, le personnel a les yeux constamment fixés dessus.»
    [ Coluche ] - Extrait du sketch L’administration

    «Homme politique, c’est une profession où il est plus utile d’avoir des relations que des remords.»
    [ Coluche ] - Extrait du sketch Le Chômeur

    «Technocrates, c’est les mecs que, quand tu leur poses une question, une fois qu’ils ont fini de répondre, tu comprends plus la question que t’as posée.»
    [ Coluche ] - Extrait du sketch L’Etudiant - 1980

    Les femmes seront les égales des hommes le jour où elles accepteront d’être chauves et de trouver ça distingué.»
    [ Coluche ] - Extrait du sketch Le Sida - 1986

    «La méchanceté et la grossièreté sont les armes de la simplicité.»
    [ Coluche ] - Extrait des Pensées et anecdotes

     

    Coluche. Citations sur le thème de la politique

     

    Je ferais aimablement remarquer aux hommes politiques qui me prennet pour un rigolo que ce n'est pas moi qui ai commencé.


    A quoi sert le pouvoir si ce n'est pour en abuser?


    Si jamais nos hommes politiques se mettaient à tenir leurs promesses, il leur faudrait le budget des USA.


    Affaire Bokassa, Coluche est d'accord pour dire qu'il n'y a pas eu de diamants...si on partage.


    Lepen n'a pas de sang arabe.Ou alors sur son pare-chocs peut-être...


    Française, Français, cette année, c'était très bien. Le pays va mieux que l'année prochaine.


    Pourquoi des mec élus par nous pour ce qu'on veut, au lendemain des élections font ce qu'ils veulent?


    Homme politique, c'est une profession où il est plus utile d'avoir des relations que des remords...


    Lepen à dit : "Le rascisme, c'est comme les noirs, ça ne devrait pas exister..."


    Homme politique, un métier difficile?Pas du tout!C'est 5 ans de troit, tout le reste de travers...


    La droite à déjà son programme : "serrez vous la ceinture encore 5 ans, après, vous serez habitués!"


    Au Chili, un mec demande à un autre :

    -Qu'est ce tu en pense?

    -Ben comme toi!

    -Ben je t'arrête alors!


    Le mois de l'années ou les politiciens disent le moins de conneries, c'est en février : parce qu'il n'y à que 28 jours

      

    J'aime pas les étrangers. Fernand Reynaud

    J'suis pas un imbécile !
    Moi, j'aime pas les étrangers ! Non!
    Parce qu'ils viennent manger le pain des Français !
    Oui ! J'aime pas les étrangers !
    C'est vrai, c'est comme ça, c'est physique !
    Et pourtant, c'est curieux, parce que, comme profession, je suis douanier ! Alors, on devrait être aimable et gentil avec les étrangers qui arrivent!
    Mais moi, j'aime pas les étrangers!
    Ils viennent manger le pain des Français!
    Et j'suis pas un imbécile! Puisque je suis douanier!
    Je peux écrire ce que je veux sur des papiers, j'aurai jamais tort! J'ai le bouclier de la Loi! Parce que je suis douanier! Je peux porter plainte contre n'importe qui, je suis sûr de gagner en justice! J'suis pas un imbécile ! Je suis Français ! Oui! Et je suis fier d'être Français!
    Mon nom, c'est Koulakerstersky du côté de ma mère et Piazanobenditti, du côté d'un copain à mon père !
    Dans le village où j'habite, on a un étranger. On l'appelle pas par son nom! On dit : « Tiens ! v'là l'étranger qui arrive ! » Sa femme : « Tiens ! v'là l'étrangère! » Souvent, j'lui dis: « Fous le camp! Pourquoi qu'tu viens manger le pain des Français ? » Un étranger!...
    Une fois, au café, il m'a pris à part. J'ai pas voulu trinquer avec lui, un étranger, dites donc ! Je vais pas me mélanger avec n'importe qui ! Parce que moi, j'suis pas un imbécile: je suis douanier!
    Il m'a dit: « Et pourtant, je suis un être humain, comme tous les autres êtres humains, et... 
    Évidemment! Qu'est ce qu'il est bête, alors, celui ci!
    « J'ai un corps, une âme, comme tout le monde... »
    Évidemment! Comment se fait il qu'il puisse dire des bêtises pareilles! Enfin, du haut de ma grandeur, je l'ai quand même écouté, cette espèce d'idiot!
    « J'ai un corps, une âme... Est ce que vous connaissez une race où une mère aime davantage, ou moins bien, son enfant, qu'une autre race ? Nous sommes tous égaux. »
    Et là, j'ai rien compris à ce qu'il a voulu dire... Et pourtant j'suis pas un imbécile, puisque je suis douanier! « Fous le camp! Tu viens manger le pain des Français! »
    Alors, un jour, il nous a dit: « J'en ai ras le bol! Vous, vos Français, votre pain et pas votre pain... Je m'en vais! »
    Alors, il est parti, avec sa femme et ses enfants. Il est monté dans un bateau, il est allé loin au delà des mers.
    Et, depuis ce jour là, on ne mange plus de pain...
    Il était boulanger!

      

    L'homme existe, je l'ai rencontré par Raymond Devos

    J'ai lu quelque part:
    "Dieu existe, je l'ai rencontré!"
    Ca alors! Ca m'étonne!
    Que Dieu existe, la question ne se pose pas!
    Mais que quelqu'un l'ai rencontré avant moi,
    voilà qui me surprend!
    Parce que j'ai eu le privilège
    de rencontrer Dieu juste à un moment
    où je doutais de Lui!

    Dans un petit village de Lozère
    abandonné des hommes, il n'y avait plus personne.
    Et, en passant devant la vieille église,
    poussé par je ne sais quel instinct, je suis entré...
    Et là, j'ai été ébloui.... par une lumière
    intense... insoutenable! C'était Dieu...
    Dieu en personne, Dieu qui priait!
    Je me suis dit: "Qui prie-t-il?
    Il ne se prie pas Lui-même?
    Pas Lui Pas Dieu!"
    Non! Il priait l'homme!
    Il me priait, moi! Il doutait de moi
    comme j'avais douté de Lui.

    Il disait: -O homme! si tu existes,
    un signe de toi!
    J'ai dit: -Mon Dieu je suis là!
    Il a dit: -Miracle!
    Une humaine apparition!
    Je lui ai dit: -Mais mon Dieu...
    comment pouvez-vous douter
    de l'existence de l'homme
    puisque c'est Vous qui l'avez créé?

    Il m'a dit: -Oui... mais il y a si longtemps
    que je n'en ai pas vu un dans mon église...
    que je me demandais si ce n'était
    pas une vue de l'esprit!
    Je lui ai dit: -Vous voilà rassuré, mon Dieu!
    Il m'a dit: -Oui!
    Je vais pouvoir leur dire là-haut:
    "L'homme existe, je l'ai rencontré!"

    RRire de la crise

     «Avec cette crise, de nombreuses professions souffrent.

    Les boulangers ont des problèmes croissants.

    Chez Renault, la direction fait marche arrière et les salariés débrayent.

    À EDF, les syndicats sont sous tension.

    Les bouchers veulent défendre leur bifteck.

    Les éleveurs de volaille sont les dindons de la farce : ils en ont assez de se faire plumer.

    Pour les couvreurs, c'est la tuile.

    Les faïenciers en ont ras-le bol.

    Les éleveurs de chiens sont aux abois.

    Les brasseurs sont sous pression.

    Les cheminots menacent d'occuper les locaux : ils veulent conserver leur train de vie.

    Les veilleurs de nuit en ont assez de vivre au jour le jour.

    Le pédicure podologue doit travailler d'arrache-pied.

    Les ambulanciers ruent dans les brancards.

    Les pêcheurs haussent le ton.

    Sans oublier les imprimeurs déprimés et les cafetiers qui trinquent.

    Les carillonneurs ont le bourdon.

    Les électriciens font de la résistance.

    Les dessinateurs font grise mine.

    Le menuisier a le moral au ras du plancher et va devoir déposer plainte auprès du parquet.

    Et vous, comment vous portez-vous ?

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